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Ventre
de Fer: Trahison et Résistance Mes yeux se consument dans les larmes, mes entrailles bouillonnent. Ma bile se répand sur la terre À cause du désastre de la fille de mon peuple. Des enfants et des nourrissons en défaillance dans les rues de la ville. (Lamentations 2:11) Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écouté Le voleur vient pour dérober, égorger et détruire; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et quelles soient dans labondance. (Jean 10:8,10) Je viens de terminer la lecture dun livre de Claude Meillassoux paru en 1986 aux éditions Presses Universitaires de France sous le titre Anthologie de lesclavage: Le ventre de fer et dargent. Après avoir longtemps épilogué sur la dialectique de lesclavage dans la première partie, lauteur aborde dans la deuxième ce quil appelle "lesclavage aristocratique." Il indexe entre autre lavènement des brigands comme indice de désintégration sociale. Le brigandage fut selon lauteur, une pratique par laquelle le rapt des captifs se faisait entre membres dune même communauté, entre parents et voisins. Ce brigandage interne semble sêtre exercé parmi les populations villageoises qui, sans être nécessairement dans lorbite militaire des États prédateurs ou razzieurs étrangers, étaient situées dans les aires de prospection des marchands esclavagistes ou sollicitées par lattraction des marchés desclaves accessibles.
Aujourdhui, à lépoque des droits de lHomme, le brigandage continue malheureusement à faire beaucoup de victimes. Les mots ont peut être changés mais lidéologie reste la même. Les forts exploitent les faibles en abusant le leur confiance; en profitant de leur dépendance et par conséquent de leur vulnérabilité. Nous avons désormais pour ennemis, les gens de notre propre maison. Nos relations avec les autres et envers la Nature ont pris du plomb dans laile. Le brigandage endémique crée chaque jours des foyers de tension et dinsécurité. La religion amorphe; aspirituelle et asociale est auréolée. Les jeunes sont de plus en plus attirés par la rue et les sectes toujours plus perverses. Ce monde matérialiste a fait de largent lagent absolu de reproduction. Lesprit mercantile partout sonne le glas. Les rapports humains se réduisent de plus en plus à des rapports de concurrence; de rivalités et de méfiance. Face à cet imbroglio social, il y a lieu de se demander où va le monde? La menace de mort se fait plus que jamais omniprésente et lespace sécurisé est de plus en plus réduit. Nallez surtout pas croire que je suis partisane dune lecture péssimiste ou apocalyptique de lhistoire. Je ne suis dailleurs pas convaincu quil y ait plus à apprendre du passé que du futur. Mais, face à la montée des crimes de tous bords, il y a lieu de sintérroger si non, de repenser un certain nombre de comportements et de croyances en loccurrence la désacralisation de la vie dans notre société. Il y a quelques semaines, lhebdomadaire lExpression Mamy Wata dans son édition 230 avait annoncé lassassinat dune fillette de six ans perpétré par sa mère (membre dune secte Maalah) et un couple de "frère" écrit le journal La Nouvelle Expression.
Brigandage politique; brigandage économique; brigandage familial tout le monde y passe. Les bénéficiaires de cette décomposition sociale sont toujours et dans tous les temps, les bandes de gens sans foi ni loi. Selon Claude Meillassoux, "En vendant leurs parents et voisins, surtout les femmes et les enfants; en enlevant des des femmes pour eux-mêmes, ils concurrencent lautorité des anciens de moins en moins capables de les marier en raison de les rapts. Le brigandage semble avoir eu deux effets selon les cas sur le pouvoir politique: ou les clans sorganisent pour résister, comme se fut le cas du Mande au XIIIe siècle; ou les guerriers en font la base de leur puissance, comme à Segu au tournant du XVe siècle."
Lillétrisme ne nous permet pas de voir ni de nommer notre véritable adversaire. Heureusement pour nous que le diable existe. Mais quel diable? Les gourous nous disent quil aurait corps dans nos enfants, nos parents, nos amis et nous, comme des attardés mentaux, nous nous mangeons de la même façon que vous mangez des hamburgers. Ce ventre gentilice qui se nourrit dindifférence fera encore plus de séismes et de drames sociaux sur léchelle de notre riche terre. "Lequel dentre vous donnera une pierre à son fils, sil lui demande du pain? Ou sil demande le poisson lui-donnera-t-il un serpent?" (Matthieu 7 :9-10). Le pain et le poisson portent malheureusement dans notre société, les stigmates de la trahison. Trahison des enfants, trahison des faibles. Dans la plupart des familles aujourdhui, on trouve de plus en plus de filles-mères souvent démunies et pas ou plus scolarisées du tout. Cette situation de précarité totale est bien entendu, en leur défaveur et malgré des campagnes de sensibilisation aux droits des femmes souvent organisées par des associations féministes, très peu de résulats positifs sont glanées jusquici. Il y a trois semaines, jai réalisé un documentaire Video qui donne à voir les difficultés des femmes à sauto-déterminer dans notre société comme productrices. Toutes les interviewées pensent la maternité incontrôlée comme étant un sérieux handicap pour le plein développement des femmes. Il est aussi ressortit de ces entretiens quun grand nombre de femmes nont pas encore pouvoir sur leur maternité non pas par manque de moyen de contraception mais, plus à cause du véto des hommes.
Jai de la peine à croire à que pareille chose puisse arriver et en même temps, je réalise que plusieurs femmes meurent chaque année par suite dun avortement clandestin. Mais, à y voir de près, elles ne font que combattre le système qui fait delles les victimes de lavortement social. Mlle. X, paix à ton âme. Sybille Ngo Nyeck contribue régulièrement sur la colonne Les couleurs de la Conscience. Elle peut être contactée à l'adresse suivante: sybeck77@yahoo.fr |