AGW Welcome Events The Witness Magazine

 

 

Craignez Ce Qui Tue le Corps et l’Esprit
par Sybille Ngo Nyeck

"Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peur faire périr l‚âme et le corps dans la géhenne." (Matt. 10:28)

"...laisse-moi aller vers toi....je t’enverrai un chevreau de mon troupeau." (Gen. 38:16-17)

Une fois de plus, l’équipe camerounaise de football vient de confirmer sa place de leader du football africain en remportant la Coupe Africaine des Nations (CAN) de l’édition 2002 dont le Mali était le pays hôte. Ce fut une grande première pour ce pays de l’Afrique de l’ouest qui accueillait ainsi pour la première fois, un évènement sportif d’une telle envergure. Au total, seize équipes se sont données rendez-vous au Mali afin que le meilleur remporte la prestigieuse coupe qui, pour la première fois aussi, avait changée de look.

Seize équipes dont la plus jeune (en âge) était la sélection malienne et la plus expérimentée étant celle du Cameroun parce que habituée des grandes compétitions internationales avec des résultats satisfaisant à l’appui. Le Cameroun entrait donc en compétition comme favori. Grand vainqueur des jeux olympiques de Sydney; champion d’Afrique en 2000; plusieurs participations en coupe du monde jusqu’en quart-de finale, les lions indomptables ont su faire

valoir leur expérience de grand finaliste. Rien n’a pu les arrêter. Ni la chaleur tonitruante, ni les intimidations n’ont réussi à faire fléchir les lions. Ils n’hésiteront pas à infliger un cinglant score de 3-0 en demi-finale à la jeune formation malienne dont le public avait péché en chantant la victoire avant le match.

La finale qui opposait le Sénégal au Cameroun a été la plus dure; la plus longue et, c’est grâce aux performances du gardien des buts camerounais Alioum Boukar à l’épreuve des tirs au buts que, le Cameroun a remporté pour la deuxième fois consécutive et la quatrième fois de son histoire, la Coupe d’Afrique des Nations. C’est d’ailleurs la seule équipe à n’avoir pas encaissé de but avec dans sa formation, les deux meilleurs buteurs du tournois.

De retour au bercail, les camerounais ont tenu à manifester leur joie et à rendre hommage à l’esprit d’équipe ainsi qu’au corps des vingt et deux joueurs et à leurs encadreurs. C’est par milliers qu’ils sesont entassés sur les rues de la capitale pour saluer le tour de la ville de Dame coupe. Le football camerounais est certainement, un exemple d’initiatives qui épanouissent à la fois le corps et l’esprit dans l’unité nationale chez nous.

L’euphorie de la victoire étant passée, nous nous sommes retrouvés face à nos réalités quotidiennes. Si la CAN nous a un tout petit peut détournés des intrigues politiques, les policiers français en tout cas ont eu raison de rester vigilant car cela leur a permit d’interpeller et d’emprisonner en territoire français l’honorable Mongkuo Ngupepong Lawrence député camerounais prit avec 30 kg de marijuana d’une valeur approximative de 150 millions de FCFA. Les premiers aveux de cet avocat de formation révèlent que les fonds de son trafic étaient destinés à financer ses activités politiques. Cette affaire qui fait des vagues au sein de l’opinion publique à la veille des élections fait surtout tanguer le bateau du principal parti d’opposition le SDF (Social Democratic Front) auquel appartient le très déshonorable député jusqu’à son expulsion de ce parti après son arrestation. La SDF a d’ailleurs envisagé la levée de l’immunité parlementaire sur fond de poursuites judiciaires à l’encontre de M. Mongkuo. Pourtant, cela ne semble pas satisfaire certains responsables du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) au pouvoir qui estiment que le Cameroun a été sali et bafoué par un député de l’opposition.

L’affaire Mongkuo met remet sur la table l’épineux problème du financement des partis politiques en Afrique; la moralité même des leaders politiques représentants du peuple qui vote les yeux bandés et surtout, la gangrène de la malhonnêteté institutionnelle qui fragilise nos institutions.

Ces derniers entendent passer outre la longue et ennuyeuse procédure de la levée d’immunité et sanctionner ainsi le trafiquant de drogue. L’affaire Mongkuo met remet sur la table l’épineux problème du financement des partis politiques en Afrique; la moralité même des leaders politiques représentants du peuple qui vote les yeux bandés et surtout, la gangrène de la malhonnêteté institutionnelle qui fragilise nos institutions. Car, c’est très souvent avec la complicité de la police douanière que certaines personnes réussissent à franchir les frontières pour aller distribuer la mort aux enfants de Dieu qui sont pour la plupart des jeunes.

Mongkuo, c’est sans doute la plaie purulente; une espèce de poncif qui donne bonne conscience au parti au pouvoir qui n’en finit pas aussi de confondre la masse. En effet, le président Paul Biya pour répondre aux critiques de ses adversaires à propos du cafouillage électoral père des fraudes massives observées au cours des municipales précédentes, avait décrété la création de l’ONEL (Observatoire National des Elections) alors que les camerounais réclamaient une Commission Electorale Indépendante (CNI).

Le SDF avait protesté à la fois contre cette procédure et contre la nomination de certaines personnes dans cet organe du fait de leurs accointances avec le pouvoir. Cette contestation qui visait en particulier M. Enoch Kwayeb président de l’ONEL (du fait qu’il a milité dans le RDPC et qu’il avait déclaré après sa nomination être encore membre de ce parti) s’est traduite par une plainte du SDF auprès de l’autorité judiciaire. Le 25 Février 2002, les journaux annoncent l’évacuation d’Enoch Kwayeb en France pour raison de santé. On le dit croulant parce que trop vieux pour tenir physiquement son rôle.

Entre-temps, le RDPC a décidé de renouveler ses organes de base. Nonobstant le fait que "le président national du parti au pouvoir a mobilisé toute la haute administration publique autour de la supervision du renouvellement des bureaux et organes de base de sa formation condamnant ainsi le Cameroun à vivre un mois de vacance de son administration, il y a que l’argent public et le matériel de l’état vont aider le RDPC à se déployer." (Le Messager, no 1330, p.5). Plus grave encore, la vice-présidente de l’ONEL Me. Acha Morfaw a été désigné dans un communiqué, membre de la commission de supervision du renouvellement des organes de base du parti au pouvoir ce qui, écrit le journal Mutation, est "un véritable scandale au vu de la présomption d’indépendance dont doivent en principe, se prévaloir les membres d’une institution chargés de superviser et de contrôler des différents mécanismes électoraux." (608, p.6). Me. Acha Morfaw a d’ailleurs protesté contre cette nomination dans les colonnes du même journal: "Je n’ai jamais milité dans un parti politique et je ne suis pas membre du RDPC. Si c’est une autre personne qui est concerné dans cette liste, il faut qu’on me la présente. Si c’est une erreur, je ne l’accepte pas!"

Derrière elle, les chefs de guerre qui les ont violés avant et pendant les guerres. Devant elles, des hommes qui (préfèrent la paix entre hommes uniquement on dirait) parce que leur guerre est dirigée contre les femmes.

Entre le pouvoir et l’opposition c’est souvent une guerre qui peut tuer le corps et l’âme et celle qui n’a pas droit à l’erreur, c’est la vice-présidente de l’ONEL. D’autres femmes comme elles continuent à dénoncer et à refuser des rôles dégradant qui leurs sont imposés. "La guerre peut tuer les corps, mais la paix peut tuer les âmes" (Vitalis Cros, L’Homme et l’Utopie, V. Cros et la pensée universelle, 1987, p.130). Cette assertion est vérifiée pour des milliers de femmes sur le globe prises en otage entre plusieurs camps de guerre faussement "ennemis".

Derrière elle, les chefs de guerre qui les ont violés avant et pendant les guerres. Devant elles, des hommes qui (préfèrent la paix entre hommes uniquement on dirait) parce que leur guerre est dirigée contre les femmes.

Ce piège qui tient captive selon l’ONG Save the Children, les jeunes filles réfugiées dans les camps de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia où elles sont exploitées sexuellement par des hommes, travailleurs humanitaires nationaux de ces pays.

Le sexe contre les soins médicaux ou contre la nourriture c’est le trafic qui se passe là-bas comme l’avait imaginé Juda lorsqu’il exila Tamar de chez elle ne lui laissant d’autre refuge que la prostitution sur rue, il était encore venu secrètement acheter le sexe pour le prix d’un mouton! "laisse-moi aller vers toi... je t’enverrai un chevreau de mon troupeau."

Une révélation qui fait un tollé dans la haute sphère de la diplomatie du HCR. Le sexe contre les soins médicaux ou contre la nourriture c’est le trafic qui se passe là-bas comme l’avait imaginé Juda lorsqu’il exila Tamar de chez elle ne lui laissant d’autre refuge que la prostitution sur rue, il était encore venu secrètement acheter le sexe pour le prix d’un mouton! "laisse-moi aller vers toi... je t’enverrai un chevreau de mon troupeau."

Et le même rituel continue parce qu’il nourrit son homme: les bailleurs de l’humanisme flou. Dans un système où les femmes sont en permanence violentées, le combat ne peut être que permanent pour dénoncer comme crimes toutes les formes d’oppression qui nous tuent dans notre corps et dans notre âme en insistant sur le fait que, les gynocidaires misogynes profitant de la confusion causée par les guerres ainsi que de la fragilité de ceux qui en survivent, sont aussi coupable que génocidaires et leur lobby meurtrier.

Heureusement que nous les femmes, ne sommes pas sans espoir. Je vois défiler à l’occasion de la célébration du 8 Mars au Cameroun, les femmes nigérians à côté de leurs soeurs camerounaises alors qu’un sérieux conflit frontalier oppose les deux pays. Cette dispute foncière a souvent été l’origine des accrochages entre le Cameroun et le Nigéria. La Court Internationale de Justice siège et devra se prononcer sur ce dossier d’ici peu. En attendant, les femmes des deux nations se mobilisent pour dire non à tout ce qui pourrait menacer une fois de plus, la stabilité de cette sous-région tant du point de vue physique que spirituel. A vous politiciens de faire le reste et de sauvegarder la paix.

Sybille Ngo Nyeck contribue régulièrement sur la colonne Les couleurs de la Conscience. Elle peut être contactée à l'adresse suivante: sybeck77@yahoo.fr